Google se lance dans l’arène des terminaux mobiles
Commençons tout d’abord par ses caractéristiques techniques, il embarque un processeur 1 GHz et une mémoire RAM de 512 Mo ainsi qu’une mémoire flash de 512 Mo également. La mémoire de base est une carte SD de 4 Go extensible jusqu’à 32 Go.
Ce processeur permet un temps de réponse rapide dans la navigation sur Internet qui deviendra à terme la principale utilisation de nos mobiles.
D’une taille équivalente à celle de son concurrent direct, l’iPhone (115 mm*62 mm pour l’iPhone contre 
119 mm * 59,8 mm pour le Nexus One) et légèrement plus fin, il possède un écran tactile (non multi-point) de 3,7 pouces d’une résolution importante de 480×800 (comme l’Acer Liquid ou le HTC HD2). On voit donc que les technologies employées existent déjà sur des terminaux Android précédents. Il est probable qu’un écran aussi grand de cette qualité soit un atout à terme pour le Nexus One.
D’un point de vue « gadgets », l’appareil photo à bord est un 5 millions de pixels avec flash à LED, le Wi-Fi (802.11b/g/n), le Blutooth, un GPS (avec un logiciel de GPS gratuit Google Maps Navigation), un capteur de luminosité, de proximité, une boussole numérique et un accéléromètre (le truc de geek qui permet de renverser son écran et hop c’est méga-classe).
D’un point de vue autonomie, rien de bien révolutionnaire puisque c’est équivalent à ses concurrents (7 heures en mode vidéo, 20 heures en mode audio, 5 heures en surf 3G, 6,5 heures en surf WiFi, 7 heures en conversation 3G ou enfin 250 heures en veille).
Et comme un téléphone c’est fait pour téléphoner (enfin de moins en moins), le Nexus One possède deux microphones. Pourquoi deux ? Le premier pour parler (bah oui quand même) et le second, au dos du Nexus One, est utilisé pour atténuer les bruits ambiants durant la conversation.
Si on parlait interactions ? Comme je l’ai déjà dit, l’écran est tactile mais pas multitouch (ce qui empêche certaines interactions intéressantes déjà présentes sur l’iPhone). Certains professionnels estiment que ceci sera implémentable par la suite ou encore qu’on peut le faire soi-même en modifiant la ROM du téléphone. Je suis dubitatif et la manœuvre me paraît risquée. En plus de cet écran tactile, le Nexus One possède quatre boutons tactiles ainsi qu’un trackball (technologie employée sur les Black Berry) qui offre la particularité de changer de couleur selon le type de notification (mail, sms…). C’est donc 5 fois plus de « boutons » que son cousin d’Apple, l’iPhone. Je ne suis personnellement pas fan des trackballs sur les téléphones, peut être que je devrais tester plus pour m’y faire. De même, les boutons tactiles ne donnent généralement pas un feedback suffisant permettant de signifier à l’utilisateur qu’il a bien été appuyé.
D’un point de vue logiciel, la version 2.1 d’Android est installée sur la bête avec des widgets utilisables directement sur le bureau, comme c’est le cas sur les terminaux Android d’HTC. Citons en vrac : Youtube, la Meteo, Facebook, Twitter … d’autres sont surement déjà disponibles avec l’Android Market.
Au niveau logiciel toujours, cette nouvelle mouture du système Android intègre un lanceur d’applications 3D et une nouvelle gestion des fichiers multimédias. La consultation de photos ou de vidéos deviendrait plus aisée. Google en profite pour proposer (de manière désintéressée ?) une synchronisation avec ses services Picasa. Enfin, le Nexus One intègre un moteur de reconnaissance vocale permettant de faire des recherches sur le GPS, dicter ses SMS ou son statut Twitter, ses recherches sur Internet ou encore d’appeler un contact. Bref, tout ce qui pouvait être écrit pourra être désormais dicté. Exemple : « aller chez Ikea » lancera l’application GPS qui vous guidera chez votre amis Suédois le plus proche.
Concernant le design, ses lignes légèrement arrondies et son design assez simple a de quoi plaire. On note au dos la mention des deux parents du petit jouet « Google » et « HTC ». Pas de mention d’Android sur l’appareil, la marque au petit robot manquant de reconnaissance dans le grand public contrairement au géant Google.
Le prix maintenant : Le Nexus One de HTC est commercialisé directement par le géant de la recherche sur Internet via sa boutique en ligne accessible à l’adresse « www.google.com/phone ». Il sera possible de l’acheter nu à 530 $ (sans opérateur lié) ou via une subvention d’un opérateur mobile à 180 $. Si aux US, ce sont les opérateurs Verizon et T-Mobile qui ont la primeur de vendre le produit avec opérateur, en Europe ce sera Vodafone (et donc probablement SFR en France selon Le Point.fr).
D’un point de vue marketing, ne vous attendez pas à une invasion de publicités à la télévision et à la radio. Google frappera sur Internet et frappera fort. Comme dit plus haut, c’est le premier « Google Phone officiel« , le premier à bénéficier de la marque « Google » car même si plus de 20 mobiles embarquent déjà le système au petit robot, leurs ventes ne concernent que les technophiles. De plus, la profusion de terminaux sous Android risque à terme de favoriser la multiplication des accessoires (adaptés à chaque terminal) et surtout des spécificités de développement pour chaque mobile : mobile à Trackball, à clavier coulissant, dalle tactile multi-point …
Du coup on peut se poser la question : le Google Phone peut-il faire de l’ombre au géant iPhone ? Le Nexus One est-il un iPhone killer ?
A priori non. Le Nexus One n’a rien de révolutionnaire. Il est certes plus rapide que ses confrères Androidiens mais la mouture 2.1 du système n’apporte réellement rien de nouveau par rapport à ses prédécesseurs comme le HTC Hero. De plus, l’iPhone bénéficie d’une campagne marketing massive et surtout d’un effet mode important. Pour paraphraser Jacques Séguela (un mec qui pense que « Le Net est la plus grande saloperie qu’aient jamais inventée les hommes. ») : Si t’as pas un iPhone avant 25 ans, t’as raté ta vie. Et c’est un peu ça le problème. Tous les terminaux Android ont un déficit d’image certain. Il est clair que l’objectif de Google est de rectifier le tir : associer une marque forte à leur téléphone a pour objectif de vendre le produit. Malheureusement, là ou le premier iPhone en son temps bouleversait vraiment les habitudes, est ce que le Nexus One ne va pas faire « pschiiit » de la même manière que le Palm Pre (un autre iPhone killer)?
Quand on voit qu’à Noël 77% des mobiles vendus par Orange ont été des iPhone, comment le Nexus One va faire son trou ? On verra probablement d’ici quelques mois.

